24 Mai, 26

Dans le cadre de sa préparation pour l’Ardéchoise, Gilbert Vial avait ciblé le parcours de 108km du rallye de Mazan. Pour éviter qu’il ne soit encore le seul représentant de l’USP au départ du rallye, Luc Ferrier avait décidé de l’accompagner en surestimant un peu sa condition physique pour un tel périple. Puis au dernier moment Pierre Ozimek est venu se joindre au binôme. C’est d’ailleurs lui qui les véhiculera jusqu’à Mazan avec un vélo dans le Peugeot Rifter et les 2 autres sur le porte vélo. Les voilà parti en direction de Mazan où le Cyclo Club du village organisait son traditionnel Rallye Cyclo annuel, dont le départ était donné de la magnifique salle des fêtes de la Boiserie. Le temps de s’engager et les voilà sur le vélo à 7h15 en direction de Flassan, joli village blotti au pied du Mont Ventoux où Eric Caritoux éminent champion vauclusien, cultive encore ses vignes. Il fut entre autres, champion de France à deux reprises en 1988 et 1989 et Vainqueur du tour d’Espagne en 1984. Fidéle équipier de Sean Kelly sur le Tour de France qu’il fera à 12 reprises, il a levé les bras une trentaine de fois chez les professionnels. Luc l’a d’ailleurs côtoyé en cadet, junior et sénior puisqu’il a un an de plus que lui.

Eric Caritoux en tête devant Bernard Hinault
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Pierre Ozimek, Luc Ferrier et Gilbert Vial.

C’est donc à Flassan que l’ascension du col de la Gabelle a débuté. Long de 8km avec une pente moyenne à 5,1%, le sommet culmine à 890 mètres d’altitude. C’est certainement le revêtement rugueux de la route qui a davantage gêné Luc tout au long de la grimpette. Tandis que Pierre et Gilbert toujours attentif sur la progression lente et pénible de Luc, ont eu tout le loisir d’admirer le paysage dans ce cadre bucolique que Pierre a eu le temps de prendre en photo à de multiples reprises.

 

 

Ils sont arrivés au sommet et ont traversé la route du col des Abeilles pour rejoindre le hameau de La Gabelle composé de seulement quelques maisons. Puis ils ont bifurqué sur la dernière partie de la descente du col des Abeilles pour s’arrêter au ravitaillement richement doté. Une petite halte bienvenue, surtout pour Luc qui a pu reprendre quelques forces nécessaires pour la poursuite de l’aventure.

Le ravitaillement installé en bas de la descente du col des Abeilles avant Sault.
Luc Ferrier

 

Puis ils ont rejoint Sault situé à 800 mètres d’altitude. Sault est connu pour ses champs de lavande, et pour être un des trois villages de départ pour l’ascension du mont Ventoux, les deux autres étant Bédoin et Malaucène. La montée par Sault est plus facile comparée aux deux autres villages, car cette commune se situe plus haut. Puis ils ont pris la direction d’Aurel sur une route vallonnée bordée de lavandes. Mais en cette saison, la lavande n’était pas en fleur. Malgré tout l’endroit était grandiose et particulièrement sauvage. Aurel, bâti sur un éperon rocheux, est un village minéral qui s’est dévoilé dans toute sa beauté. A la sortie du village, l’itinéraire a pris la direction de Ferrassières situé à la pointe méridionale de la Drôme provençale. C’est l’un des rares villages non fortifiés du plateau d’Albion. Les maisons de ce petit bourg baigné de soleil sont rassemblées autour de son église récemment restaurée. Puis ils sont revenus à Sault pour prendre la direction de Monieux. Un nouvel arrêt au même ravitaillement qui d’ailleurs avait été dépouillé par les 300 engagés de cette manifestation sportive. Luc ne fit qu’un bref arrêt victime de crampes, il préféra cheminer à son allure sans avoir l’impression désagréable de ralentir la progression du trio.

 

Mais Gilbert et Pierre le rejoignirent très vite, avant Monieux qui se tient accroché aux pentes abruptes des derniers contreforts des Gorges de la Nesque. La montée en direction du belvédère du Castelleras fut particulièrement pénible pour Luc qui devait repousser l’apparition de crampes en descendant les dents de sa roue libre. Une fois au sommet, Pierre a suggéré de prendre une photo au belvédère qui offre une magnifique vue devant la belle percée hydrogéologique du canyon sauvage, où se dressent de fantastiques rochers qui surplombent le précipice.

Pierre Ozimek, Luc Ferrier et Gilbert Vial.

Puis ils ont repris la route des Gorges de la Nesque. 22 km de descente progressive au cœur d’un paysage grandiose d’une route jalonnée de tunnels et de belvédères.

Gilbert Vial et Luc Ferrier dans la descente des Gorges de la Nesque.

Cependant la faible pente nécessitait de pédaler et à tour de rôle, Pierre et Gilbert prirent des relais face à un petit vent contraire qui a usé les organismes. Luc s’est contenté de suivre toujours aux prises à des crampes. En bas de cette descente, ils ont bifurqué au milieu d’un virage, pour emprunter une petite route dépourvue de circulation en direction de Mormoiron, ancien village fortifié bâti sur une butte calcaire au Moyen-Age. Heureusement pour Luc, ils restèrent sur la partie basse du village pour prendre la direction de Mazan. Puis ils entrèrent dans Mazan entouré de vignes et de vergers avec les Dentelles de Montmirail en toile de fond. Il était temps pour Luc d’essayer de descendre de vélo malmené par les crampes aux deux cuisses après les 107km parcourus à la moyenne de 22,3km/h et au dénivelé positif de 1398 mètres.

Ils prirent le temps de profiter du verre de l’amitié avant de revenir au bercail, satisfait de cette belle matinée bercée de soleil. Luc toujours en prise avec ses crampes ne fut guère loquace tout au long du trajet, tandis que Gilbert manifesta sa satisfaction d’avoir été accompagné sur cette randonnée.