Chaque année l’Ardéchoise rassemble des milliers de participants à la mi-juin. Cette épreuve est le premier rassemblement cyclo sur route de montagne en Europe. Depuis 1992, elle a fait de l’Ardèche une destination incontournable du cyclotourisme. D’ailleurs le balisage des 13 circuits a été réalisé par les services du Conseil général, avec une signalétique spécifique : altitude, dénivelé, kilométrage jusqu’au col… Impossible de se fourvoyer et il n’est pas rare d’être accueilli par une animation festive dans les villages pour motiver les participants.
Cette année Gilbert Vial était encore le seul représentant de l’USP au départ de cette épreuve qui a rassemblé 13352 participants. Aguerri par une préparation sérieuse, et fort de ses précédentes expériences, Gilbert ambitionnait de faire mieux qu’en 2024 où il avait pris une belle 26ème place dans sa catégorie. Néanmoins deux années étaient passées et à cet âge 75 ans, cela compte énormément. Et puis avoir encore le courage de se présenter seul à une telle débauche d’énergie, en dit long sur le personnage, porté par une volonté rompue à toute épreuve et doté d’une résilience innée.
Pour ce faire, il avait décidé d’aborder la première ascension du jour, le col du Buisson (13,4km pente 3.1%) plus prudemment que les années antérieures, afin d’éviter l’apparition de crampes dans les deux derniers cols, où il avait perdu beaucoup de temps en 2024. Le circuit des Boutières long de 134 km avec un dénivelé positif de 2470 mètres, offre des paysages magnifiques au sein de la haute vallée de l’Eyrieux, mais il faut de bonnes jambes pour arriver à bout de la déclivité du parcours.
Il a pris le départ depuis St-Félicien au milieu d’une cohorte multicolore à 7h00 et a abordé le col du Buisson (13,4km pente 3.1%) prudemment, conformément à sa feuille de route. Puis il a trouvé son rythme en essayant de moulinant un peu plus que d’habitude dans la seconde ascension, le Col des Nonières long de 10,8km à 2,8% de pente moyenne. Une petite halte au ravitaillement de Saint-Martin-de-Valamas et le voilà reparti pour accéder au balcon des Cévennes à 1088 mètres d’altitude via le col de Clavière (14,9km à 3,5%). Une fois sur le plateau, il a enchainé les petits cols qui usent tout de même l’organisme : Col de Freydaparet (2,86km à 5,7%), col de Rochepaule (3,8km à 4,7%). Il a fait une pause gourmande au ravitaillement installé en haut du col de rochepaule avant d’aborder le col du Rouvey (13km à 4,5%), dont il gardait un mauvais souvenir. En effet en 2024, les crampes l’avaient littéralement assailli au point de devoir marcher un peu pour pouvoir finir l’ascension. Mais cette année ce passage fut difficile certes, mais il n’a pas nécessité d’arrêt, ce qui lui a permis d’escamoter la dernière difficulté le col de Buisson avant d’entamer la descente en direction de Saint-Félicien où il a franchi la ligne en 401ème position au scratch et 18ème de sa catégorie avec un temps de 6h20 :31.
Gilbert reste une source d’inspiration par ses rêves ambitieux et par le travail acharné qu’il a su mettre en place pour les réaliser. Félicitations pour cette incroyable performance.

