03 Août, 26

Dimanche 2 août 2026, la randonnée des 3 Cols revient pour sa 49ème édition. Au départ de Barcelonnette, il s’agit de l’évènement vélo incontournable pour les passionnés de cyclisme dans la Vallée de l’Ubaye. Cette randonnée cyclo touristique organisée par le Club Cycliste de l’Ubaye propose un parcours d’exception sur 3 des plus beaux cols des Alpes du Sud, à travers le Parc national du Mercantour. Cette randonnée qui se décline chaque été depuis 1975, a beau être non compétitive et ouverte à tous, elle se mérite !

D’abord parce que son dénivelé de 3300 m la destine aux cyclistes bien entraînés, ensuite parce qu’elle emprunte une partie de l’étape mythique du Tour de France. Ce parcours, emblématique, permet d’enchaîner l’ascension de trois des plus beaux cols des Alpes : le col d’Allos, le col des Champs et le col de la Cayolle qui sont célèbres pour leur beauté.

Le grand parcours 124 km / 3300 m D+

Gilbert Vial apprécie particulièrement cette forme de cyclisme populaire, profondément ancré dans un territoire, au sein duquel il y croise des cyclistes passionnés et des bénévoles heureux de jouer un rôle. Ce parcours exigeant s’adresse aux cyclistes expérimentés dont Gilbert fait partie. Il a souhaité relever ce défi de taille pour profiter des bonnes sensations du moment. Mais compte tenu du programme chargé en difficulté, Gilbert est parti prudemment de Barcelonnette, qui est située à 1135 m d’altitude en direction du col de la Cayolle, qui lui culmine à 2323 m. La route monte légèrement (4,4% de pente moyenne) à travers la belle gorge rocheuse et étroite du Bachelard, où une seule voie serpente entre la paroi rocheuse et la rivière.

 

Sommet du col de la Cayolle.

De petits villages agrémentés de chutes d’eau et de ponts en arc jonchent le parcours.
Au bout de la vallée à Bayasse (1785m), les 9 derniers kilomètres de cette première ascension sont un peu plus difficiles avec ses virages en épingle à cheveux sur la crête et les 28km de cette ascension se font sentir dans les jambes (D+ 1198 m).

Col de la Cayolle

Mais cela valait la peine, le panorama à 360° du parc national du Mercantour est sublime. Après avoir pris quelques photos de ce superbe décor de haute montagne, au paysage sauvage fait de roches et d’alpages, Gilbert a débuté la descente avec prudence sur une petite route dont le revêtement est régulièrement agressé par la neige et le froid. Au bout de quelques kilomètres de descente, un premier ravitaillement situé à Estenc a permis de reprendre des forces et de bavarder avec d’autres coureurs engagés dans cette même aventure. Puis les coureurs ont repris la route, toujours avec prudence en direction de Saint-Martin-d’Entraunes où ils ont bifurqué vers le col des champs, deuxième difficulté du parcours.

Le col des champs depuis Saint-Martin-d’Entraunes

Cette seconde ascension longue de 16.3 km, pour un dénivelé positif de 1065 m avec une pente moyenne de 6.5%, est plus ardue que la première, car elle est raide dès le départ et ne comporte pratiquement aucun point de repos. Gilbert a trouvé son rythme et a lutté activement contre la pente exigeante tout en appréciant les très beaux paysages. Il y a beaucoup de virages, surtout au début sur cette route large à travers une forêt de pins. Les virages sont les friandises du cycliste. Ils viennent rompre la monotonie des lignes droites en s’enroulant dans le paysage qu’ils dessinent à leur manière. Comme les barreaux d’une échelle, ils aident, dans leurs lacets, à grimper les cols les plus durs. Mais les 3 derniers kilomètres étaient difficiles. Les panneaux de signalisation indiquaient la pente « 8%, 8.3% puis 9.6% ». Gilbert se languissait d’en voir la fin !  

Col des Champs 2eme col
Col des champs depuis Saint-Martin-d’Entraunes

C’est vrai que ce col est difficile, mais au sommet, il offre encore une vue phénoménale sur un vaste alpage dominé par la Dent du Lièvre. Le second ravitaillement situé en haut du col a permis de prendre le temps d’apprécier ces paysages magnifiques. Les jambes douloureuses entravaient sa démarche, mais le moral était bon. Les organisateurs ont attiré l’attention des coureurs sur le délabrement de la chaussée dans la descente et ces consignes de prudence n’étaient pas usurpées. La descente vers Colmars était périlleuse, la chaussée très abimée a nécessité une totale concentration et a obligé à freiner pour ne pas prendre trop de vitesse. Pédaler dans ces conditions était difficile et les premières crampes sont apparues pour manifester la souffrance endurée durant l’ascension. Après un long passage à travers les bois et arrivé face au Fort de Savoie, le parcours s’est orienté vers la dernière difficulté de la journée ; le col d’Allos.

Gilbert Vial au sommet du col des Champs avec Sylvie une coureuse du club de Robion.

Le col d’Allos depuis Colmars

Après une longue approche progressive sur une route large qui suit le flanc de la vallée du Verdon, dont le paysage sans éclat compte tenu des panoramas précédents, était presque ennuyeux, il est arrivé péniblement à la station de ski de La Foux d’Allos où le troisième ravitaillement a permis de refaire le plein d’énergie et de se reposer un peu. Certains participants étaient allongés à même le sol à bout de force, tandis que d’autres qui s’interrogeaient sur son âge le félicitèrent, ce qui lui redonna un peu de courage tant la fatigue se faisait sentir.  L’épuisement commençait à le faire divaguer et une pensée lui faisait croire que la montée des Alpilles n’était pas plus difficile que celle pour accéder au pont qui chevauche la Durance à l’entrée de Cavaillon !!

C’est dire dans quel état de fatigue il était.

Puis il a fallu repartir malgré la lassitude et la dernière partie de ce col a enfin offert un paysage plus intéressant. La route est devenue plus étroite en serpentant via 11 virages en épingle à cheveux au-dessus de la limite des arbres.

Mais que les derniers kilomètres lui ont semblé longs. Cependant après les derniers 22,3 km de cette ascension, à la pente moyenne de 4,5% et au D+ 1001 m, le sommet a débouché sur une superbe vue de la vallée d’Allos et les différentes sources du Verdon. Ce panorama grandiose sur les sommets des Alpes du Sud, incluant le massif du Pelat, le Pain de Sucre, le Chapeau de Gendarme était vraiment magnifique.

Le col d'Allos.

Gilbert ne regrettait pas le déplacement malgré les efforts consentis. D’ailleurs ces vastes pâturages d’altitude ont fait remonter en lui des souvenirs lointains. En effet lorsqu’il était beaucoup plus jeune, il gardait les brebis dans ces vastes étendues. Il passait la nuit dans une cabane d’alpage où parfois une petite flambée était nécessaire et s’abreuvait à la source toute proche. 

La descente jusqu’à Barcelonnette fut également périlleuse et entama les dernières forces qui lui restaient. Les mains étaient douloureuses tellement il fallait solliciter les freins, car le manque de lucidité ne lui permettait pas de prendre de la vitesse. Enfin Barcelonnette s’est dessinée et au bout de tant de souffrance, la délivrance était là. Gilbert totalement harassé par tant d’efforts et d’émotions s’est laissé guidé jusqu’au repas prévu par les organisateurs, qui symbolisait la récompense de l’achèvement d’une journée bien remplie.

Encore bravo pour ce nouvel exploit de cet homme infatigable de 75 ans.

Le col d’Allos depuis Colmars
Le repas prévu par les organisateurs.

C’est Jean Louis Rouger qui a le mieux décrit le personnage avec cette nouvelle photo !!

Bravo Jean Louis d'avoir mis Gilbert dans cette tenue qui lui va si bien !!