30 Sep, 26

Le Marathon de Hambourg d’Yvan Delègue

Yvan souhaitait profiter de son congé de pré-retraite pour se préparer à courir le marathon de Hambourg programmé le 25 avril 2026, avec pour objectif d’améliorer son temps déjà canon de 3h05’50’’ !

Le marathon de Hambourg est une importante course de rue et de divertissement allemande qui a lieu chaque année, généralement le dernier ou avant-dernier dimanche d’avril, à Hambourg depuis 40 ans. Les organisateurs avaient le sourire au moment de tirer le bilan puisque 46 000 coureurs s’étaient inscrits sur toutes les distances, dont 20 000 sur le marathon.

Yvan a récupéré son dossard.

C’est vrai que le fait de ne plus avoir le poids des responsabilités professionnelles, a permis à Yvan de se consacrer pleinement à la préparation de cet objectif qui lui tenait à cœur. Il a soigné son hygiène de vie et cela commence forcément par la nutrition. Il n’a pas compté les calories ou la quantité de macro-nutriments qu’il ingérait au quotidien, il n’a pas fait non plus de régime particulier. Sa méthode était plus terre à terre. Il a écouté juste son corps et a essayé de répondre au mieux à ses besoins. Il s’agissait avant tout de manger des repas équilibrés le plus souvent possible et surtout de manger à sa faim, ni plus, ni moins. C’est-à-dire manger souvent quand on s’entraîne 2 fois dans la journée. C’est fou le nombre de calorie qu’il faut ingérer ! Il n’a pas mangé ou très peu de produits industriels, de plats préparés, de fast-food ou tout simplement de produits remplis de sucre ajouté. Le sucre il en a mangé en grosse quantité, mais seulement pendant les entraînements. L’alcool était évidemment à limiter aussi même si un verre de vin ou une bière le week-end n’a pas tué son entraînement, évidemment il ne fallait pas devenir moine non plus !

Le programme individuel proposé par mon coach André Techer en charge de la section loisirs d’Istres Sport Athlétisme était de 5 séances hebdomadaire (jusqu’à 85km/semaine) et une séance de musculation les jours de repos. Il a également pris soin de bien récupérer après les grosses séances d’entrainement, car ce type de séances, fragilise le corps.

Les séances d’entrainement intense génèrent forcément des petites tensions musculaires et tendineuses. Donc les étirements étaient nécessaires pour permettre de travailler les points de tensions afin de les réduire voire les éliminer, ce qui lui a permis de mieux récupérer en prévision des séances futures. Puis à l’approche de l’objectif, il a commencé à diminuer l’intensité des séances pour être frais le jour J. Les courses longues, sollicitent fortement les organismes, par les chocs et la dépense énergétique. Ce stress est accentué par une distance inhabituelle ou par l’enjeu d’un objectif pour lequel on s’est préparé de longues semaines. Mais Yvan a fait de la nutrition son alliée. Parmi les aliments qu’il a privilégiés on retrouve les pommes de terre vapeur cuites dans leur peau, patates douces, riz semi-complet, sarrasin, quinoa, miel, sirop d’érable, … Les fruits ont apporté du fructose, intéressant pour l’organisme, et il a réduit les fibres. Globalement les légumes ont été réduits, surtout sous forme de crudités. Il a préféré prendre des bananes bien mûres ou des fruits cuits : pommes, poires, pêches.

A l’approche de l’échéance, il restait une incertitude : définir l’allure de course.  Après plusieurs stratégies envisagées avec son coach, la décision a été prise lors de la période d’affutage de partir avec les meneurs d’allure de 3h (4’16 au km) jusqu’au semi-marathon et ensuite de gérer pour espérer améliorer son record personnel de 3h05’50’’, obtenu en avril 2025 à Vienne.

La veille de l’épreuve, il a fait attention à ne manger que des choses qu’il avait déjà testé avant une course ou lors d’un entraînement spécifique.

Et le voilà dans le sas de départ, prêt à en découdre sur le plus grand événement de la métropole de l’Elbe, sur 42,195 kilomètres à travers les plus beaux quartiers de la ville, le long du port, de l’Elbe et d’Alster. La température était idéale au départ, +5 degrés avec un beau soleil. Il s’est positionné à proximité des deux meneurs d’allure de 3h et a attendu le coup d’envoi.

Sas de départ.
Yvan n’était pas seul au départ de l’épreuve !

Le départ donné, les cadors ont imposé une allure élevée dès les premiers kilomètres dans un groupe dense, puis une sélection progressive s’est opérée pour faire émerger les plus solides. C’est le marocain Othmane El Goumri qui a remporté le combat en 2h04’24’’ avec le troisième meilleur chrono de l’histoire de l’épreuve. Yvan n’était pas dans cette allure réservée aux professionnels, bien entendu, mais pas si loin que cela !!! Les 2 premiers kilomètres ont été bouclés en 4’05’’.

Cette épreuve située en plein cœur de la ville, lui a occasionnée beaucoup d’émotion et de sueur au milieu des 20 000 Participants. Je ne sais pas s’il a eu le temps d’admirer les superbes monuments de ce magnifique paysage urbain, mais ce qui est certain, c’est qu’il s’est littéralement surpassé pour améliorer son temps de 3mn.

3 mn ça peut paraitre peu, mais à ce niveau-là, c’est considérable. Il est à noter qu’au 4ème kilomètre, il a trébuché sur le pavé. Mais il s’est rapidement relevé avec quelques ecchymoses sur la paume des mains, au genou droit, à la hanche et au coude et s’est remis dans sa bulle pour suivre son plan de course, tout comme les 15 000 candidats qui ont réussi à franchir la ligne d’arrivée.

Malgré cet incident et une petite douleur à la hanche, il a su garder le contact avec les meneurs d’allure sans trop de difficulté, et il a respecté à la lettre la prise des gels et son hydratation.

C’est à l’approche du 30ème km, que les premières défaillances se sont manifestées. D’ailleurs autour de lui les concurrents étaient plus rares, l’allure était plus difficile à maintenir et le mental a pris petit à petit le dessus, car les muscles commençaient à tirer et la foulée était moins fluide.

Pour les plus expérimentés c’est le début du marathon qui commençait vraiment. Les 10 derniers kilomètres étaient particulièrement éprouvant mais les encouragements de la foule et des proches étaient autant de motifs pour ne pas lâcher.

À l’approche du 40ème kilomètre, une rapide estimation du chrono lui a donné la certitude qu’un nouveau record personnel l’attendait. Les derniers hectomètres ne furent qu’un pur enchantement, transcendant la fatigue et la douleur.

Dès la ligne d’arrivée franchie, la réalité l’a rattrapé : pour la sixième fois consécutive, il a amélioré sa marque. Submergé par l’émotion, il a savouré ce bonheur intense en le partageant avec sa compagne Nathalie, qui l’avait accompagné.

Tout au long de la course, il a gardé un œil sur son collègue de club qui avait un peu d’avance sur lui. Mais Yvan a préféré privilégier le respect de son plan de course. En effet, une allure de marathon trop rapide risquait de l’épuiser et de le faire exploser à mi-parcours, tandis qu’une allure trop lente ne permettait pas d’exploiter son plein potentiel. Puis au fil des kilomètres la distance entre les deux amis s’est réduite petit à petit pour finir à l’avantage d’Yvan. Il a même réussi à accélérer dans les derniers kilomètres, pour ressentir l’extase au point où la souffrance s’annihile. Ces moments-là sont rares, mais ces rares instants de plénitude justifient les longues heures de souffrance pure et brute occasionnées par la préparation qu’il s’était infligée. Il a franchi la ligne d’arrivée en 3h02’48’’, un temps canon !

A l’issu de cet exploit, il nous a adressé ce message :

« Salut les amis de l’USP, dimanche j’ai couru le marathon d’Hambourg sous un beau soleil avec un nouveau Record Personnel à la clé. Je vous souhaite de belles sorties et beaux rallyes »

Le parcours du marathon.
La progression d’Yvan sur ce type d’épreuve. Il est passé de 3h40 en 2018 à 3h02 en 2026. Bravo champion !

La 54éme édition des 100 km de Millau

100 km de Millau est l’épreuve emblématique de course à pied sur route goudronnée appartenant à la famille du grand-fond. C’est le plus vieux 100 km français, il existe depuis 1972 !

Cette course à pied mythique regroupe chaque année, le dernier week-end de septembre plus de 1500 coureurs. 

L’objectif pour tous les participants est de courir les 100 km en moins de 24 heures. Les coureurs prennent le départ dans le centre-ville de Millau direction les gorges du Tarn, jusqu’au Rozier, puis s’engagent vers Saint-Affrique, en passant deux fois sous le Viaduc de Millau pour finir à la salle des fêtes, au Parc de la Victoire !

Mais avec son parcours exigeant, ses paysages spectaculaires au cœur du Parc naturel régional des Grands Causses en Aveyron et son ambiance chaleureuse, les 100 Km de Millau incarnent un véritable défi sportif et une aventure humaine unique en son genre. Pour cela, Yvan a dû s’imposer un volume hebdomadaire de 90km et une hygiène de vie drastique.   

Contrairement aux épreuves de 100 km traditionnelles sur terrains plats, le 100 km de Millau est disputé sur un parcours plus que vallonné avec un dénivelé positif d’environ 1 300m. C’est ce côté atypique qui la rend magique mais également redoutée, notamment sur les 60 derniers kilomètres qui concentre une grande partie de ce dénivelé.

Le profil de l’épreuve.

Samedi 26 septembre à 8h00, 1265 participants se sont élancés du centre-ville dans cette aventure où il a fallu affronter la chaleur, la fatigue, le doute et la douleur. Chacun était venu pour se dépasser et surtout aller au bout de ses limites. Si le vainqueur Bouche Michael remporte l’épreuve en 6h57’19, pour le dernier, la longue course a été bouclée en 18h06’52.  

Si les premières heures de course se sont déroulées dans des conditions agréables, la température a grimpé rapidement au cours de la matinée pour devenir accablante l’après-midi. Yvan indique qu’il faisant encore 32° à 17h30. D’ailleurs à 18h11, Les sapeurs-pompiers de l’Aveyron ont été appelés pour un malaise survenu sur la course, avenue de la République. À leur arrivée, les secours ont pris en charge un jeune homme de 25 ans, inconscient et en hyperthermie maligne, une élévation brutale et importante de la température corporelle. La victime a été transférée, sous surveillance médicale, vers le centre hospitalier de Rodez.

Yvan qui n’avait jamais parcouru une telle distance en compétition, envisageait de courir les 100km en moins de 10 heures.  Il a couru cette épreuve mythique en 10h50’23 et s’est classé 110ème sur 1265 participants et puis terminer 2ème de sa catégorie sur 47 arrivants, à seulement 3 minutes et 17 secondes de la première place, est une performance monumentale !

Yvan en plein effort.

Seulement 861 concurrents sont parvenus à franchir la ligne d’arrivée dont 180 femmes. Les 100 km de Millau sont considérés comme la course sur route de 100 km la plus difficile d’Europe en raison de son profil exigeant. D’ailleurs cette épreuve a été par trois fois le support des championnats de France.

Pour parcourir les 100 km de Millau en 10h50’23, Yvan a maintenu une vitesse moyenne exacte de 9,23 km/h. À pied, cela correspond à une allure régulière de 6’30’’ par kilomètre, et ce, pendant près de 11 heures consécutives tout en absorbant le dénivelé de l’Aveyron. Cette allure de 6’30 » au km montre une régularité et une endurance exceptionnelles pour un premier ultra-marathon.

Même si Yvan visait initialement un chrono en moins de 10 heures, la réalité d’un premier 100 km, qui plus est sur le profil exigent et vallonné de Millau, réserve toujours son lot de surprises. Gérer les fluctuations d’énergie pour aller chercher un tel classement de catégorie prouve une force mentale et physique impressionnante.

Se retrouver ainsi dans le top 10% du classement général et sur le podium de sa catégorie pour une première tentative est tout simplement exceptionnel. La frustration du chrono espéré s’effacera très vite devant la fierté de ce double résultat.

Nathalie sa compagne qui l’a suivi à vélo pendant toute la course et Yvan sur le podium.

Yvan a réalisé un exploit remarquable qui force le respect. Le franchissement de la ligne d’arrivée après un tel effort doit être un moment inoubliable. C’est certain que nos prochaines sorties à vélo à ses côtés seront riches en récits et en anecdotes sur sa gestion de course, les moments de doute et l’ambiance unique de Millau.

Bravo CHAMPION !